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Supermarine Spitfire Mk.XIVc Academy 1/72 : un bon Griffon pour tous les ateliers.

Supermarine Spitfire Mk.XIVc Academy 1/72 2130



Lancé en 1994, le Spitfire Mk.XIVc Academy 1/72 (réf. 2130) reste une des options les plus abordables pour qui veut ajouter un Griffon à son alignement de Spitfire sans se lancer dans un chantier lourd. Peu de pièces, un niveau de détail très correct, et un montage fluide en font un kit à la fois accessible et gratifiant, malgré une planche de décals très en retrait par rapport à la qualité du plastique.

Le kit : peu de pièces, beaucoup d’allure

Pour un chasseur de cette génération, le nombre de pièces est étonnamment réduit, ce qui ne se traduit pas pour autant par un manque de détail. L’intérieur de cockpit est bien traité pour du 1/72 : plancher, siège, manche, tableau de bord et cloisons latérales offrent suffisamment de relief pour un montage « sortant de boîte ». Un maquettiste avancé pourra néanmoins y ajouter des sangles en bande cache ou photodécoupe, voire un viseur plus fin, mais ce n’est pas indispensable pour obtenir une ambiance crédible sous la verrière.
Supermarine Spitfire Mk.XIVc Academy 1/72 2130



Au niveau des formes, l’ensemble est très satisfaisant : envergure, longueur et proportions générales collent aux plans et à l’allure caractéristique du Mk.XIV. L’aile est particulièrement bien rendue, avec le plan elliptique « tardif » et les volumes des radiateurs bien équilibrés, même si leur face avant est douteuse. Le diamètre des roues paraît aussi un peu surdimensionné. Le seul vrai bémol concerne la silhouette du capot moteur : le Griffon n’est pas tout à fait assez plongeant, et le profil paraît un peu trop « plat » vers l’avant, ce qui adoucit légèrement la ligne agressive du XIV. Rien de rédhibitoire, mais les puristes le verront immédiatement.

En surface, la gravure en creux est propre, régulière, sans excès de profondeur. Elle réagit bien aux jus, ce qui permet, même au pinceau, de faire ressortir les panneaux sans tomber dans la caricature.

Assemblage : joints propres, mastic au chômage

C’est probablement le principal point fort de cette référence : le montage est d’une facilité déconcertante. Les ajustements sont excellents, et le recours au mastic réduit au strict minimum. La cellule se construit selon un schéma très classique : cockpit, fermeture du fuselage, aile en trois parties, empennages, puis finitions.

Les demi-fuselages se rejoignent sans marche notable, à condition de bien préparer les surfaces de contact et de prendre le temps de bien aligner le tableau de bord et le support du siège. L’aile vient se loger au fuselage en s’ajustant proprement au niveau du raccord karman : un léger ponçage de la jonction intrados/fuselage suffit en général à effacer toute trace de joint. Les empennages horizontaux se clipsent presque, avec un dièdre nul bien verrouillé.

Supermarine Spitfire Mk.XIVc Academy 1/72 2130



Le montage des trains ne pose pas de difficulté : jambes et trappes sont suffisamment robustes pour un kit manipulé régulièrement, tout en restant correctement à l’échelle. Les puits de train sont un peu simples, mais à cette échelle, un simple jus sombre et quelques touches métalliques sur les reliefs suffisent à donner un peu de consistance.

Academy a eu l’excellente idée de fournir une verrière en trois éléments (pare-brise, partie coulissante et partie arrière), ce qui permet de présenter le cockpit ouvert sans devoir découper le transparent. La finesse de la verrière est correcte ; un bain de Klir ou équivalent améliore encore la transparence.

Décorations et décalques : belles impressions, gros regrets

C’est là que le bât blesse. La planche d’origine ne propose qu’une seule décoration : un appareil du City of Chester Squadron, RB159 codé DW°D, monture du Sqn Ldr Richard Newbery. Sur le papier, c’est un sujet intéressant ; dans les faits, plusieurs erreurs sérieuses limitent l’intérêt de ces décalques pour un maquettiste exigeant.

Les codes DW-D sont imprimés en vert alors qu’ils devraient être en Sky Type S. Le liseré de la cocarde de fuselage tire vers l’orange au lieu d’un jaune franc. Plus gênant encore : aucun stencil n’est fourni, ni pour la cellule ni pour les hélices ou les réservoirs. Or, sur un Spitfire XIV, la présence de ces marquages techniques participe beaucoup à l’aspect « opérationnel » de la machine.

Supermarine Spitfire Mk.XIVc Academy 1/72 2130



C’est d’autant plus dommage que, techniquement, la planche est très réussie : film fin, impression nette, bonne opacité. Leur finesse les rend un peu délicats à manipuler, mais une fois posés sur un vernis brillant, ils se fondent très bien dans la peinture, sans film apparent. On se retrouve donc avec des décals beaux dans l’absolu, mais historiquement faux et incomplets dans le détail.

La solution la plus logique, pour un maquettiste orienté « historique », consiste à conserver ces décalques pour des essais ou pour un montage rapide, et à se tourner vers une planche aftermarket. Dans le cas présent, le modèle a été réalisé « out of the box » mais avec des codes empruntés à la planche Carpena 7210 Exotic Spitfires, ce qui ouvre la porte à des décorations plus originales ou plus justes.

Peinture et finitions : un Spit XIV au pinceau

Le modèle présenté a été peint intégralement au pinceau, avec des couleurs Humbrol Enamel. À cette échelle, c’est une approche tout à fait viable, à condition de multiplier les couches fines plutôt que de chercher à couvrir en une seule passe. Le choix de teintes Humbrol permet de coller aux standards RAF (Ocean Grey, Dark Green, Medium Sea Grey, etc.), et la gravure Academy accepte bien les jus à l’émail.

Le vernis brillant Tamiya appliqué au pinceau avant décalques assure un support lisse pour la pose des marquages et un écran fiable pour les jus. Une fois ceux-ci bien secs et scellés, une couche de vernis Pebeo acrylique satiné unifie l’ensemble et ramène la brillance à un niveau réaliste pour un appareil de la fin de guerre ou de l’immédiat après-guerre. L’utilisation combinée d’email et d’acrylique, dans cet ordre (émail → vernis brillant Tamiya → acrylique), réduit les risques de réactions chimiques indésirables.

Supermarine Spitfire Mk.XIVc Academy 1/72 2130


Bilan : un excellent compromis pour un Spit XIV

Au final, ce Spitfire FR Mk.XIV Academy 1/72 est une excellente base pour qui cherche un Griffon sans se compliquer la vie. Ses points forts sont clairs :
  • formes générales assez convaincantes ;
  • dimensions fiables ;
  • montage très simple et ajustements propres, quasi sans mastic ;
  • cockpit bien détaillé pour l’échelle et verrière en trois éléments permettant une présentation ouverte.

Ses faiblesses sont tout aussi nettes :
  • quelques détails pas très bien appréhendés comme la forme du capot, la forme des radiateurs et la taille des roues ;
  • une planche de décals historiquement discutable (codes verts, liseré orange) ;
  • absence totale de stencils ;
  • un sujet unique en boîte, limitant d’emblée les possibilités.

Face au Spit XIV Fujimi, souvent considéré comme la référence de l’échelle, l’Academy joue la carte de la simplicité : le kit japonais est plus fin et plus sophistiqué, mais aussi plus complexe à monter en raison de son découpage. L’Academy, lui, offre un rapport qualité/prix remarquable et un plaisir de montage immédiat. Pour un maquettiste qui souhaite un XIV bien posé dans sa vitrine sans se lancer dans un chantier lourd ni dans un investissement important, c’est sans doute l’alternative la plus sérieuse.

Avec un minimum de surdétaillage dans le cockpit, un choix de décals aftermarket adapté (comme la planche Carpena 7210) et un travail de peinture soigné – même au pinceau –, ce kit permet sans difficulté de signer un Spitfire Griffon tout à fait crédible… et très gratifiant à réaliser.

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