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Fiche monographique : le Mirage 2000N

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Le Mirage 2000N sn 341 4-AF de l'EC 1/4 Dauphiné durant un vol de convoyage pour Red Flag. © Cocardes.

Les Mirage 2000N


Quand, au milieu des années 70, Dassault lança le programme Mirage 2000, le futur avion devait remplacer à la fois les Mirage F 1 et les Mirage III dans l'armée de l'Air. De fait, le futur avion était voué à la polyvalence.

Bien que le premier prototype, et la version de série qui en a découlé, soient désignés à la chasse, l'interception et la supériorité aérienne, les bureaux d'études de Dassault travaillèrent dans le même temps au développement d'une version d'attaque avec des capacités de frappe nucléaire. Le but était de fournir également un remplaçant fiable au Mirage IV A qui devenait vieillissant et qui était le seul vecteur du missile air-sol moyenne portée (ASMP).

Le premier Mirage 2000 fit son premier vol en mars 1978 et fut suivi par 3 autres prototypes. Le prototype du Mirage 2000B, biplace d'entraînement, ouvrait la voie au développement d'autres biplaces dédiées aux missions air-sol avec un équipage composé d'un pilote en place avant et d'un navigateur officier système d'armes en place arrière.

Programme initial et entrée en service

Dassault a commencé à travailler sur le concept de vecteur nucléaire en 1979, en réponse à une demande des autorités pour le remplacement du Mirage IVP. Deux prototypes ont été commandés par le gouvernement français. Au départ, l'avion a été appelé Mirage 2000P (pour Pénétration), mais ensuite le nom a évolué en Mirage 2000N pour Nucléaire.

La base du nouvel avion était la cellule du Mirage 2000B. Toute la famille des Mirage 2000 a été pensée autour du principe de l'aile delta, un concept qui répond particulièrement à différentes contraintes majeures. En effet, si le delta a été abandonné quelques années pour la production du Mirage F 1, l'aile delta a été définitivement adoptée en raison de ses caractéristiques de vol aux hautes vitesses, de sa construction facile, de sa faible signature radar, de ses capacités en emport de carburant interne et surtout grâce à l'arrivée des commandes de vol électriques (CVE) qui permettaient de déplacer le centre de rotation bien éloigné du centre de gravité. Cette configuration donnait à l'avion une très grande instabilité qui favorisait une très grande manoeuvrabilité. Le dernier problème de l'aile delta, à savoir les grandes distances de décollage et d'atterrissage nécessaires, était aussi résolu par les CVE.

L'autre point fort du Mirage 2000 est son moteur. Le M53 devait initialement équiper une version améliorée du Mirage F1 (qui était en compétition avec le F-16 pour un contrat de l'OTAN), l'avion à géométrie variable Mirage G8 et le biréacteur Mirage 4000. En dépit de l'abandon de tous ces programmes, le développement du moteur a continué pour équiper les Mirage 2000. Le M53 est un turboréacteur double flux simple corps à postcombustion.

Propulsé par la version améliorée M53-P2, le premier prototype du Mirage 2000N a reçu des modifications spécialement dédiées à son rôle de frappe nucléaire. Ces améliorations portaient sur les ailes renforcées pour les missions à très basse altitude, un système de navigation et d'attaque (SNA) à très basse altitude, un radar de suivi de terrain (Dassault-Thalès Antilope 5) et un cockpit compatible à l'usage des jumelles de vision nocturne.

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Le prototype de Mirage 2000N présenté avec sa panoplie d'armements à Farnborough en 1984. © Coll. Cocardes.



Le Mirage 2000N s/n 01 a fait son premier vol le 3 février 1983. Les procédures de validation du nouveau système d'arme ont pris 4 ans à Dassault et au CEV et le premier Mirage 2000N de série n'a été livré qu'en février 1987 au CEAM de Mont-de-Marsan. Le nouvel avion a été conçu pour transporter le missile ASMP en pylône central avec deux réservoirs longue distance de 2000 litres sous les ailes. L'avion a été validé par l'armée de l'air et bien que quelques exemplaires de la machine ont été livrés à l'EC 5/330 Côte d'Argent de Mont-de-Marsan, on peut considérer que l'avion est véritablement entré en service opérationnel lors de la livraison des premiers avions à l'EC 1/4 Dauphiné à Luxeuil à partir du mois de mars 1988.

Tandis que les premiers avions de série commençaient à arriver en unité, Dassault continuait le développement de l'avion pour lui donner des capacités de frappe conventionnelle et lui permettre de remplacer ainsi les Mirage IIIE et les Jaguar. Cette version 2000N-K2 était capable de délivrer des bombes conventionnelles, des roquettes Matra 68 mm, des bombes Belouga et BAT 120 à sous munitions, des bombes anti-pistes BAP-100 ou Durandal, un pod canon de 30 mm ou des bombes guidées laser (BGL). Elle a été produite à partir de l'avion s/n 332. Les 31 premiers avions produits ont reçu alors la désignation 2000N-K1, mais ils ont été ultérieurement rétrofittés au standard 2000N-K2. En tout 75 Mirage 2000N ont été commandés et produits.

Avec le retrait du Mirage IVP en juin 2005, le rôle d'avion de reconnaissance stratégique devait être repris par le Mirage 2000N qui devait à l'occasion être modifié pour recevoir les nouveaux pods de reconnaissance PRNG produits par Thalès. Mais, en raison de restrictions budgétaires, les améliorations n'ont jamais été réalisées. Le Mirage 2000N n'est pour autant pas resté à son ancien standard. Le développement du Mirage 2000D a permis de développer de nouveaux armements conventionnels et de nouvelles contre-mesures électroniques. Ces systèmes ont été intégrés au Mirage 2000N qui a reçu le nouveau nom de 2000N-K3. La flotte a progressivement été portée à ce standard à partir de la seconde moitié de 2006 (30 exemplaires). Le retrait total des avions s'est effectué à l'été 2018.

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Le Mirage 2000N n°347 de l'EC 2/4 La Fayette, durant l'opération Crécerelle, en Italie, et porteur de bombes conventionnelles. © Cocardes


Données techniques du Mirage 2000N :

Longueur: 14,64 m
Hauteur: 5,20 m
Envergure: 9,13 m
Masses: à vide: 7,9 t, maximale au décollage : 16,5 t
Carburant: interne: 3,1 t, maximal : 6,2 t
Plafond opérationnel: 15 000 m
Vitesse maximale à haute altitude: 2,2 Mach
Vitesse de croisière à basse altitude: 1,3 Mach
Moteur: SNECMA M-53 P2 de 9,7 t de poussée avec post-combustion
Rayon de combat (conventionnel): 1 475 km avec 4,250 t de bombes

Walkaround du Mirage 2000N 

Notre photoscope Cocardes

Maquettes du Mirage 2000N


1/48
Eduard
Heller
Kinetic

1/72
Heller (1991)
Point fort : formes et dimensions
Point faible : niveau de détail, ailes gravées en relief
Aeromaster (1996, reprise du Heller avec kit de détails)
Excellent compromis, mais difficile à trouver
Dream Model (2023)
Modelsvit (2026)

Présentation de la maquette Heller 1/72




Liens

http://fr.wikipedia.org/wiki/Snecma_M53
Livre :
Mirage 2000, à la découverte des versions françaises et étrangères du Dassault Mirage 2000, par Joffrey Seguin

 Remerciements à la société Heller pour la fourniture de la maquette présentée

1996 Mirage2000N 307 4CC EC Limousin
Le Mirage 2000N sn 307 4-CC de l'EC 3/4 Limousin, vu sur sa base d'Istres en 1996. © Cocardes



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