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Potez 25 Hit Kit au 1/72


Disons le tout de go. Cette maquette est la seule représentation au 1/72e du Potez 25 en injecté. A ce titre, elle a le mérite d’exister, mais la tâche sera ardue pour la réaliser. Ce modèle ne s’adresse hélas pas aux débutants et le temps passé au montage de ce modèle s’apparente plus à celui d’un montage en scratch intégral qu’en celui du montage d’un kit du commerce. Le magnifique intérieur que Hit Kit nous propose est détaillé à souhait, à force photodécoupe… Rêvez un peu sur la notice de montage, mais sachez qu’il est tout simplement inutilisable, car trop large de 1,5 mm. Même en désépaississant les demi coquilles par l’intérieur, vous ne pouvez pas les loger.

Montage

Le travail commence quand même par la préparation des demi-fuselages en les affinant par l’intérieur au maximum. On gagne à peu près 0,7 mm, la moitié de chaque côté. N’ayez pas peur de poncer, quoi qu’il arrive, vous n’en aurez pas assez enlevé. L’ébavurage est important et on pourra aussi se pencher sur le cas des petites grilles ou ouïes d’aération, dont les inférieures sont à reprendre car incomplètement figurées.

Fuselage

Arrivé à ce stade de préparation des demi-fuselages, il faut opter pour le mode opératoire de réalisation de l’intérieur. Deux options s’offrent à vous. Ou refaire complètement la structure interne à la bonne dimension et y coller les différents aménagements. L’inconvénient de cette solution est qu’on arrivera difficilement à corriger la légère différence de largeur entre l’avant de l’habitacle et l’arrière, qui entraînera nécessairement un jour entre la coquille et la structure intérieure à un endroit ou un autre. Ou utiliser les pièces fournies pour les structures latérales très bien affinées (photo). Le positionnement sera réalisé en veillant à une bonne symétrie de l’ensemble et en repérant très précisément l’emplacement du magnifique tableau de bord dont la partie inférieure en arc de cercle est pliée vers l’arrière formant un angle à 90° avec le tableau de bord (attention pour l’ébavurage à la lime du tableau de bord, cet arc de cercle est très fragile). Cette solution, moins fine que la précédente n’en procure pas les inconvénients, c’est pourquoi je l’ai choisie. Les aménagements latéraux sont collés à l’aide du plan fourni (figure 1), et une fois les deux demi-fuselages joints à blanc, on peut ajuster les pièces transversales comme la structure qui sépare les deux postes, les palonniers, le support du siège pilote. L’utilisation de tenons est très utile pour guider la réunion des deux demi-fuselages.

Le gros point chaud est l’ajustage tableau de bord / fuselage qui demande de creuser un peu l’intérieur pour placer exactement la planche d’instrumentation. Le tableau de bord est peint couleur bois ou aluminium sur certains avions (se référer à votre documentation ou votre intuition !) et le reste de l’intérieur est bois clair ou chamois. Le coussin du siège pilote était en fait constitué par le parachute du pilote. Il faut pour finir fabriquer les harnais non fournis en photodécoupe.

Potez 25 1_72 Hit Kit

 

On peut installer les échappements ; bien poncés et percés, ils peuvent faire illusion, cependant il sera plus judicieux de les refaire avec des micro-tubes en prenant soin de bien affiner le carénage par l’intérieur. Noter que l’orifice par lequel émergent les pots d’échappement est de forme rectangulaire, ce qui nécessite un travail de découpe sur les demi-fuselages. Le collage des deux demi-fuselages n’appelle guère de commentaire particulier, mais on veillera à bien aligner les lignes de structures droite et gauche. La différence de longueur de deux demi-fuselages sera rectifiée à l’avant en positionnant le radiateur en métal blanc dont on peut percer la prise d’air inférieure et affiner les bases de carénage des échappement qui nuisent à l’ajustement.

Le travail d’amélioration et de modifications du fuselage commence par la réfection des deux ensembles d’ouïes sous le moteur. Le positionnement et le collage puis le masticage du radiateur est une étape assez longue et délicate ; il ne faut pas laisser de jour entre le radiateur et le fuselage pour conserver la bonne longueur de fuselage au 1/72e. On profite pour rectifier tant que faire se peut le profil du nez pas assez plongeant et donner le forme légèrement conique qu’ils possédaient aux carénages de collecteurs d’échappement. Les filtres anti-sable sont réalisés dans une baguette de coulée et les cerclages sont réalisés en papier d’aluminium (attention c’est assez fragile dans les manipulations futures).

La partie inférieure du fuselage est affinée puis positionnée, finalement, cette mise en place demandera peu de masticage, sauf à l’arrière. Les petits défauts de moulage sont rattrapés au mastic, la goulotte de mitrailleuse occultée par une plaque (rhodoïd extra fin ou papier alu) et le bouchon du réservoir rajouté –ce dernier n’apparaît pas sur ces photos, je l’ai oublié et positionné bien plus tard. Une fois le fuselage terminé, on passe à la préparation de l’empennage.


 

Les pièces fournies dans la boîte sont fausses en formes et en dimension, le plus rapide est de confectionner de nouveaux empennages dans de la carte plastique de 0,5 mm d’épaisseur en utilisant le plan au 1/72e. La dérive n’est pas excellente au niveau de sa forme mais l’erreur est rattrapable par ponçage. Il faut aussi soit découper le gouvernail soit mastiquer le joint dérive / gouvernail et le regraver. On peut en profiter pour faire disparaître le relief censé figurer l’entoilage. On remarque sur les photos de l’appareil réel que la toile est très tendue et la surface apparaît quasiment lisse. Seules les nervures seront légèrement figurées par une petite baguette de fil étiré posé à la colle liquide sur l’emplacement de la nervure. Le découpage ou le rattrapage éventuel du bord de fuite est réalisé à la lime ronde pour restituer cet effet de " vaguelettes ". La mise en place de la dérive et des stabilisateurs ne pose pas de problème, il faut veiller au bon alignement des pièces, au besoin avec des gabarits. La béquille est affinée puis améliorée en figurant le système d’amortisseur.

Ailes

Les demi-ailes sont à affiner longuement puis à coller. Une fois le collage sec, il faudra découper les saumons, mal appréhendés par Hit Kit, pour restituer la bonne envergure des plans inférieurs. Le plan supérieur demande moins de travail de découpage. Un ponçage général fera disparaître toute trace de structure puis on restituera les nervures en plastique étiré suivant la même technique que pour la dérive. Attention ces opérations sont longues et délicates et le résultat final est assez fragile lors des manipulations ultérieures. Sous les ailes inférieures des coffres sont à constituer en carte plastique. L’assemblage des ailes inférieures sera facilité par la fabrication d’un gabarit qui permet un bon alignement des pièces lors du collage renforcé par un tenon, un peu à la manière d’un montage de maquette résine. La corde à piano est un bon matériau pour réaliser ce renfort

L’aile supérieure est ensuite posée à blanc et les mâts de cabane et d’entre plans sont collés sur cette dernière seulement. Les mâts de cabane et d’entre plans sont à refaire en profilé, en utilisant le plan pour déterminer leur bonne longueur. Attention, sur ma maquette, j’ai conservé le positionnement matérialisé par Hit Kit, alors que le plan, qui est bon, permet de visualiser le positionnement différent des mâts d’entre plan sur l’aile inférieure. Notez que pour ma part, j’ai réalisé les mâts dans des morceaux d’allumettes taillés au bon diamètre et poncés à la toile emeri grain 600. Ce matériau très tendre permet de remplacer efficacement les profilés plastiques, en cas de rupture de stock chez le détaillant habituel… Une fois le séchage de la colle effectué, on peut poser les différents guignols et autres compensateurs. On enlève ensuite l’aile supérieure et on peut passer aux opérations de peinture.

Potez 25 1_72 Hit Kit


Décoration

Les capots moteur en Duralumin me permirent de tester les nouvelles peintures Aclad, en particulier la teinte Duralumin. Cette peinture doit être impérativement passée à l’aérographe. Elle sèche presque instantanément et le résultat est tout à fait correct. Les parties aluminium autour du cockpit et sur les ailes sont en Humbrol 11 vernis en satiné. Toutes les autres surfaces sont Humbrol 76. La teinte Xtracolor X381 "vert émaillite" pourrait aussi convenir, bien que je la trouve personnellement un petit peu trop criarde. Cette dernière présente l’avantage de ne pas nécessiter de couche de vernis brillant avant la pose des décalcomanies. En dépit de tout ce qui peut être dit sur les mariages de peintures Enamel et acryliques, je passe un voile de vernis brillant Tamiya à l’aérographe (ou Pebeo au pinceau) avant la pose des décalques. Cette couche facilite le collage des décalques et élimine plus facilement les bordures éventuelles de leur film. L’avion choisi porte le numéro individuel 8 sur la dérive et le numéro SFA n°2235. L’immatriculation militaire sous les ailes est V480. Le 4 de cette immatriculation et la Cocotte blanche sont peints au pochoir et le numéro SFA est fait à la plume à l’encre de chine directement sur la maquette. Un voile de vernis Humbrol mat fixe le tout et nivelle les différences de brillance entre peinture et décalques.

Assemblage final

Si l’assemblage des mâts de cabane et d’entre plans avait été correctement fait, le collage de l’aile supérieure sur l’ensemble fuselage / ailes inférieures sera relativement aisé, mais toujours réalisé sur le gabarit en commençant par les mâts de cabane. Après séchage de l’assemblage réalisé à la colle liquide, verrouillé à la cyanoacrylate, le haubanage vous occupera une bonne journée. Ma technique est assez simple. Je perce d’abord les ailes aux points de jonction câbles / voilure avec une mèche de petit diamètre (0,1 ou 0,2 mm). Je réalise ensuite les haubans avec du fil de pêche nylon de 8/100. Je passe le fil dans le trou et le fixe à la cyano en insérant et en bloquant un bout de plastique étiré dans le trou. Cette technique a l’avantage de bloquer définitivement le fil et de boucher en même temps le trou. Les morceaux de plastique étiré qui dépassent sont arasés à la lame. Une retouche de peinture verte camoufle définitivement le tout. Tous les haubans reçoivent une couche de noir mat très dilué pour éviter de les empâter tout en les teintant suffisamment.

Une fois encore, il faudra ressortir les allumettes ou les profilés pour refaire les jambes du train d’atterrissage Messier, les pièces de la maquette étant inutilisables. On veillera à conserver la largeur de la voie en utilisant le plan. Les roues sont poncées pour faire disparaître les gravures des rayons, car cette version avait des roues différentes, dotées de freins sur la face intérieure. Le moyeu est remplacé par du microtube.

Les diverses finitions (rétroviseur, marche-pieds…) n’appellent pas de commentaire particulier.

Potez 25 1_72 Hit Kit


Conclusion

En résumé, et en contemplant la maquette terminée, on ne peut que savourer l’ampleur des tâches effectuées pour monter ce Potez 25 et se dire que c’est bien là un attrait du maquettisme que de mettre en œuvre des techniques nouvelles, de travailler ainsi sur une maquette short-run. Quel que soit son niveau, on progresse toujours, et après ce Potez 25, vous serez encore mieux armé pour réaliser d’autres short-run, des kits vacuformés, en résine voire même des scratchs ! Et que dire de l’originalité des sujets qu’on peut réaliser en maîtrisant un peu mieux toutes ces techniques…

RVB 

Une version plus détaillée de cet article est disponible dans Aviation Française Magazine (épuisé), et dans Cocardes Digital n°8



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