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Douglas AD-4N Skyraider F-AZHK : vues de détail

Douglas sferma AD 4N skyraider walkaround air



Sorti des ateliers Douglas d’El Segundo (Californie) en 1951, ce Skyraider porte le numéro de construction 7802. L’US Navy lui attribue alors le Bureau Number BuNo 127002 avant quelques années de service actif, suivies d’un stockage de deux à trois ans à la base de Litchfield Park, Arizona.

De la Navy à l’appui-feu algérien

En 1959, la France commande ses premiers Skyraider pour les besoins opérationnels en Algérie. Seuls les appareils affichant entre 600 et 2600 heures de vol sont retenus. Remis en état à Norfolk (Virginie), ce spécimen traverse l’Atlantique à bord du porte-avions Bois Belleau pour une livraison à Saint-Nazaire. Pris en charge début 1961 par la SFERMA, il rejoint Bordeaux-Mérignac par vol VFR afin d’y subir une transformation complète au standard français (numéro 61). Air France Courbevoie, de son côté, procède à une révision totale de son moteur R-3350.

Les travaux consistent à supprimer les équipements radar et navigation de la position arrière, l’appareil étant reconfiguré avec des équipements français pour des missions d’appui tactique rapproché. Il reçoit alors son premier indicatif opérationnel : 20-FP à l’Escadron de Chasse 3/20 Oranie, puis 21-LN à l’Escadron d’Avions d’Appui 1/21, avant de terminer sa carrière française sous 21-ZH à l’EAA 2/21 Oranie.

Gabon, impasse commerciale et retour au pays

Reformé en 1972, l’avion est cédé au Gabon pour équiper la Garde présidentielle d’Omar Bongo. Aucune preuve n’atteste toutefois d’un véritable service opérationnel dans ce pays. Rayé des contrôles le 7 août 1976, il attire l’attention de Jack Spanish, homme d’affaires de Detroit (Michigan), qui obtient une immatriculation temporaire N91989 dans l’espoir de rapatriement. Le projet avorte.

C’est finalement en 1992, au Havre, que Michel Gineste et Maurice Etchetto le récupèrent pour la France. L’appareil reçoit alors son immatriculation civile actuelle F-AZHK, marquant son retour dans l’hexagone après vingt ans d’errance.

Renaissance civile au Castellet

Une panne moteur en juin 1993 l’immobilise cinq ans sur l’aérodrome du Mans. Racheté par Claude Semenadisse, il est réparé et convoyé jusqu’au Castellet en octobre 1998. En août 2005, lors de la réalisation de ce photoscope, il est exploité par l’association AFAH basée à Avignon, témoignant d’une seconde vie dans le civil après un parcours militaire riche en rebondissements.

Ce Skyraider F-AZHK incarne parfaitement la longévité exceptionnelle du Skyraider : de la Navy américaine aux sables algériens, en passant par une escale gabonaise avortée et une résurrection européenne, il survit aux mutations géopolitiques et techniques pour voler encore un demi-siècle après sa construction.

Photos RVB

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