Aperçu du kit et premières impressions
Sous la référence 04298, Revell propose un Super Hornet monoplace au 1/72, long d’environ 25,3 cm pour une envergure de 18,7 cm, soit des dimensions cohérentes avec l’échelle pour un F/A-18E en configuration opérationnelle. Le kit totalise 91 pièces, avec une gravure en creux assez marquée, typique Revell « nouvelle génération ».Le box-art représente un appareil de CAG à l’appontage, lourdement chargé, ce qui place d’emblée le kit dans un registre « opération navale » plutôt qu’en configuration de meeting. On note immédiatement que plusieurs grappes sont communes aux versions E et F (mono et biplace), certaines pièces étant spécifiques à la variante construite : un bon point pour la modularité, mais qui implique de suivre la notice avec attention lors du choix des pièces de fuselage et de verrière.
La gravure des panneaux est assez fine et homogène, avec un seul bémol : les grilles sont inversées – là où l’on attendrait un relief positif, on trouve des évidements. Ce n’est pas bloquant, mais pour un œil exercé, cela casse un peu la lecture de surface et peut inciter à corriger ou détailler avec de la PE. Les puits de train sont correctement structurés, mais paraîtront un peu nus à qui aime le « busy look » : il manque pas mal de tuyauteries et d’équipements hydrauliques visibles sur l’appareil réel. Cockpit et trains, en revanche, sont convaincants pour l’échelle : baignoire, siège et consoles suffisent largement à donner une impression de densité une fois la verrière en place.
Cockpit et fuselage avant : ajustement du nez
L’assemblage suit une progression assez classique pour un jet moderne : on commence par le cockpit, puis la fermeture du fuselage et la mise en place du nez. Le poste de pilotage se monte sans piège particulier : baignoire, siège, manche et planche de bord s’alignent correctement. Un maquettiste avancé pourra enrichir l’ensemble par quelques harnais en photodécoupe ou en ruban adhésif, ainsi que par un drybrush sur les consoles latérales pour faire ressortir les détails.Le nez mérite une attention particulière : il est composé de trois pièces. C’est un point critique du kit, mais les retours de montage indiquent que l’assemblage se passe bien, si l’on reste très précis et que l’on surveille la prise de la colle pas à pas. Le secret consiste à coller progressivement, en segments, en ajustant à la main tant que la colle est encore souple, afin d’éviter marches et décrochements. Une fois ce sous-ensemble solidarisé, son raccordement au fuselage principal ne présente pas de difficulté majeure, là encore à condition de procéder par étapes et de contrôler l’alignement en vue de dessus et de profil.
Entrées d’air, demi-fuselages et joints à traiter
Comme sur la plupart des Hornet/Super Hornet à cette échelle, les entrées d’air sont de grandes pièces qui courent jusqu’aux empennages arrière. Revell a choisi des pièces d’un seul tenant qui englobent les conduits d’air et une partie de la voilure. Leur mise en place ne pose pas de problème de conception, mais nécessite l’emploi du mastic : on se retrouve avec des lignes de joint marquées à reprendre, notamment au niveau des raccords intrados/entrées d’air et des jonctions fuselage/voilure.Un ponçage soigneux, suivi d’une regravure légère si nécessaire, permet de faire disparaître ces joints.
Trains d’atterrissage, puits et charges externes
Les jambes de train sont réalistes pour le 1/72, avec vérins et trappes finement moulés. Les puits de train, un peu vides pour un œil exigeant, peuvent être enrichis par quelques fils de plomb ou de cuivre pour figurer les conduites hydrauliques et câbles électriques, en se référant à des photos du réel. Sans ce surdétaillage, l’ensemble reste toutefois convaincant une fois peint en blanc cassé, patiné par un jus et éclairci par quelques touches métalliques sur les zones d’usure.Le kit fournit un armement complet qui permet d’illustrer le rôle de « bonne à tout faire » de l’US Navy : missiles, charges air-sol et réservoirs conformes pour configuration embarquée. L’armement visible sur le box-art est globalement dans la boîte, ce qui autorise plusieurs charges crédibles pour un appareil en opérations. Le choix d’un loadout cohérent (par exemple combinaison AIM-9/AIM-120 + JDAM + réservoir ventral) donnera tout son sens aux lignes musclées du Super Hornet.
Décorations et peinture : low-viz ou CAG
Deux options de décoration sont proposées, toutes deux dans les gris « basse visibilité » typiques de la flotte américaine, dont une avec des marquages de CAG assez colorés :- un appareil de la VFA-105 Gunslingers, en gris et gris clair, codé 404, assez sobre mais fidèle à la livrée opérationnelle standard ;
- l’appareil du chef d’escadrille de la VFA-137 Kestrels, plus spectaculaire, avec dérives arborant un marquage très coloré. C’est cette décoration qu’a choisie le monteur, et c’est clairement la plus attractive visuellement.
Pose des décals : beaux marquages, mais exigeants
Les planches de décals sont bien imprimées, avec des marquages fins et une densité suffisante. La pose en elle-même ne pose pas de difficultés majeures, à condition d’utiliser un assouplissant plus puissant que le duo MicroSet/MicroSol : Mr Mark Softer est beaucoup plus efficace pour forcer les grandes décorations de dérive et de fuselage à épouser les gravures et les reliefs.Attention quand même car plusieurs marquages s’appliquent sur des surfaces cintrées et structurées : sans assouplissant agressif et sans incisions précises au scalpel dans les zones de tension, on obtient facilement des plis ou des bulles.
La bonne méthode consiste à pré-découper légèrement certaines zones (par exemple au niveau des charnières de gouvernes ou des bossages), poser le décal en plusieurs temps et bien l’accompagner avec l’assouplissant jusqu’à ce qu’il « fonde » dans la gravure.
Bilan : un très beau kit, à situer face à Hasegawa
Au final, ce Super Hornet Revell 1/72 est un kit très attractif : beau box-art, gravure en creux marquée, options d’armement riches et deux livrées qui parleront à tout amateur de jets embarqués. Le montage est globalement agréable, sans piège majeur : le nez en trois pièces demande de la précision, les entrées d’air réclament mastic et ponçage, mais rien d’insurmontable pour un maquettiste intermédiaire.La comparaison avec Hasegawa est inévitable : les deux fabricants offrent des F/A-18E/F au 1/72, découpés différemment. Le kit japonais se distingue par une gravure plus fine, moins profonde, qui séduira les puristes de la surface, alors que Revell opte pour une gravure plus marquée, plus lisible après peinture et patine. Dire lequel est « meilleur » relève plus du goût et du projet : Hasegawa flattera la finesse extrême, Revell offre un compromis très solide entre richesse, lisibilité et plaisir de montage, surtout pour qui veut un CAG bien armé sur son pont d’envol miniature.
Gaël Prieur


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