LE LATÉCOÉRE 631
Maquette Contrail au 1/72e
L’ouverture de la boîte a de quoi impressionner. Les pièces sont peu nombreuses mais grandes et moulées dans un plastique épais, gage de solidité mais synonyme d’un long travail de découpe. Les rivets qui affectent le fuselage sont superflus et sur la voilure, les ailerons, volets et gouvernes sont bizarrement délimités par de gros boudins en relief. Il est heureux que les hélices, sièges, manches et mats soient fournis en métal ou en injecté ; une fois ébarbés et dégrossis ils doivent être convenables. Les cloisons, nécessaires au montage, sont précisément dessinées et faciles à découper. La verrière est d’une limpidité acceptable. Le plan fourni n’est malheureusement pas au 1/72e. La planche de décalcomanies est incomplète.
Photo 1
Il m’a paru préférable de commencer par l’ouverture des fenêtres : figés dans la plaque de plastique les demi fuselages sont plus rigides et permettent un travail précis. L’emplacement des grands hublots est marqué par un creux, celui des petits par une boursouflure ce qui est moins heureux. Pour obtenir un bon alignement et un bon calibrage des ouvertures, il faut soigneusement les délimiter. Pour tracer sur le plastique, j’utilise un stylo pour rétroprojection (Steadler permanent fin) ou un stylo pour verre, plastique et métaux. Les hublots de la partie arrière gagnent à être replacés le hublot avant de la troisième paire à partir de l’empennage arrière est reculé de 5 mm, le hublot arrière de la deuxième paire est avancé de 3 mm. Les grands hublots font 5 mm de large sur 8 de haut. L’espacement à l’intérieur de chaque paire ou série est de 10 mm. Les petits hublots font 2,5 x 1,5 mm et sont espacés de 2 mm. Tous les appareils n’ont pas les mêmes ouvertures, il faut observer les photos de chaque appareil avant de percer. La méthode est classique : forage de petits trous qui font le tour de l’ouverture, découpe au couteau, finition à la lime plate. Pour les petits hublots, percer un trou à chaque extrémité de la paire, découper entre les trous, limer, puis au milieu de chaque ouverture insérer un morceau de carte de 2 mm d’épaisseur.
Photos 2 et 3
La méthode la plus prudente est la plus longue mais la plus simple pour découper les pièces. Avec un couteau faire, délicatement tout d’abord puis franchement, le tour de chaque pièce en laissant une marge de 1 à 2 mm. Quand la tranchée est suffisamment profonde, la pièce se dégage par une simple torsion du plastique. Par ponçage, il faut ensuite éliminer la petite marge. Quand elle se réduit à une mince pellicule détachable, la pièce définitive est enfin obtenue. L’opération surtout pour le fuselage et les ailes est lassante, mais un travail trop rapide enlèverait trop de matière.
Photo 4
Les cloisons sont faciles à découper, mais la plupart d’entre elles sont surdimensionnées et doivent être retaillées. La peinture de l’intérieur s’inspire du plan de décoration présenté au Musée des hydravions. Comme le poste d’équipage, on peut réaliser les cabines à l’aide du plan paru dans Histoire et Maquettisme n0 4 et de la photo du compartiment préservé par le musée déjà cité. Soyons francs, une fois le fuselage fermé, on ne voit plus grand chose.
Les demi coques du fuselage sont progressivement collées. Il n’y a pas de tenons de fixation, mais les cloisons les remplacent. Il vaut mieux installer des cloisons de part et d’autre de la tranchée de passage du longeron d’aile. Le collage est réalisé à la colle liquide mais est renforcé par de la colle cyanoacrylate en flacon qui comble par ailleurs efficacement les petits joints.
Il apparaît par ailleurs que le fuselage est trop court. Il fait 585 mm au lieu de 603,6 mm. L’erreur n’est pas minime et altère la silhouette de l’appareil qui semble tronqué à l’arrière. La porte arrière est donc échancrée sur le plan de joint. Un morceau de carte plastique découpé d’après le plan est collé, puis avec de la carte plastique et du mastic on rétablit de part et d’autre la continuité des surfaces. L’emplacement de l’empennage est modifié en conséquence.
Les redans de la coque ne sont pas corrects. Le premier doit être perpendiculaire à l’axe du fuselage. Le second est en V. Mais en voulant le corriger, j’ai commis une erreur grossière de chaque côté j’ai rajouté un morceau de carte plastique triangulaire alors qu’il fallait en fait découper la coque, ce qui est, je le crains, un peu risqué.
Malgré un travail prudent, les demi ailes ne joignent pas. Elles sont collées puis les surfaces surnuméraires sont éliminées. Avec cette taille la profondeur à l’emplanture doit rester à 126,5 mm. Un ponçage vigoureux affine les bords de fuite et élimine les reliefs grossiers. Ont été regravés les ailerons et les volets à fente. Si sur l’extrados la gravure est fine, sous l’intrados l’échancrure est large et profonde. Chaque aileron fait 165 mm de long pour 19,5 mm de profondeur maximale. Sous chaque aileron, il faut coller trois triangles rectangles (base 5 mm et hauteur 10 mm) de carte plastique. Les volets font 180 mm de long, 32 mm de profondeur maximale à l’intrados et 18 mm à l’extrados. Le collage des ailes au fuselage est renforcé par un longeron et des bandes de plastique fin collées à la cyanolit sur le joint aile-fuselage.
Photo 5
Même problème pour l’empennage il faut retailler et regraver. L’écart entre les gouvernes de profondeur est de 23 mm, chaque gouverne fait 83 mm sur 27,5 mm. Des tenons de fixation des dérives sont nécessaires. Les dérives doivent être verticales. Les gouvernes de direction ont été détachées ce qui facilite la décoration. Un simple bout de tige de 12 mm profilé après collage représente les carénages visibles sur l’extrados des gouvernes. Quand l’empennage est collé au fuselage, on prolonge avec de la carte plastique et du mastic le dos du fuselage qui forme un méplat dans la partie centrale du V.
Photos 6 et 7
Les fuseaux moteurs s’assemblent facilement. Pour pouvoir les améliorer, les capots sont détachés, ils seront recollés sur une collerette en carte plastique. Il faut aménager le passage de tubes d’échappement qui sont plus ou moins proéminents suivant l’appareil. Sur la face externe de chaque fuseau, percer deux fenêtres (2 x 2 mm) et une seule sur la face interne. On peut aussi regraver les portes d’accès à l’intérieur des fuseaux. L’ouverture frontale des capots a été creusée avant l’assemblage ; pour obtenir un cercle bien régulier il vaut mieux le faire après ou adopter la méthode suivante dans un carré de plastique de 20 mm de côté percer un trou de 14 mm, puis coller la plaque et poncer pour recréer le profil du capot. Les volets de refroidissement sont trop nombreux et boursouflés. Je suggère de mastiquer, poncer et regraver six volets de chaque côté. Les prises d’air supérieures et inférieures se prolongent sur le fuseau. Les premières sont faites avec du tube de 1,5 mm, les secondes avec du tube de 2,5 mm. Une seule couronne de cylindres suffit amplement. Pour la fixer dans le capot, il faut la coller sur un rond de plastique de 20 mm de diamètre. Le carter est à la fois trop et pas assez large. Il faut ajouter une collerette de 11 mm de diamètre qui supporte la casserole d’hélice. Hélices et casseroles méritent un bon ponçage.
Photo 8
Les flotteurs peuvent être montés tels quels mais ne ressemblent pas à grand chose. Il vaut mieux les refaire en s’aidant du plan joint. Le fonds est fait de bandes de plastique collées sur des couples puis mastiquées et poncées. Les mâts avant et arrière peuvent être conservés mais le croisillon médian et le vérin de relevage sont refaits en tige de i mm. En s’aidant du schéma de démontage paru dans le n0 4, il faut rajouter de petites trappes de fermeture des logements des flotteurs. Le Laté 631-01 n’avait pas de trappe du tout.
Photo 9
En finale, on grave les portes de soute, de poste de manoeuvre, d’entrée de l’équipage et des passagers, on perce les fenêtres du poste des mécaniciens et l’ouverture de l’astrodôme peu visible sur la plupart des photos. La verrière du poste de pilotage est constituée de panneaux vitrés. Celle qui est fournie s’adapte au fuselage mais est très arrondie. J’ai préféré construire une armature de carte plastique et étiré. Les fenêtres seront en rhodoïd découpé ou en Kristal Kleer. Les antennes ont été posées avant la peinture. D’avant en arrière on place deux petites antennes de 10 mm (étiré), un grand mât de 25 mm sur 1,5 mm (carte), le cadre du radiogoniomètre (caréné sur certains appareils), deux mâts de 15 mm sur 1,5 mm (carte).
Photos 10 et 11
L’avion choisi est le Laté 631-02 tel qu’il se présente lors de sa tournée en Amérique du Sud. Contrairement à ce que montre une brochure publicitaire d’Air France, il n’a jamais porté les couleurs de la compagnie. Hormis le F-BAHG dont la livrée est décrite dans le n0 4, les autres appareils semblent avoir été peints en aluminium plutôt que laissés sans protection. La coque est gris foncé (H 67), la ligne de flottaison est orange (H 18). La couleur des surfaces supérieures est difficile à déterminer. Suivant les photos elle apparaît claire ou sombre. Un tableau montre le F-BANT gris bleu. J’ai opté pour un gris mouette. Le H 128 semble convenir. Les capots moteurs et l’avant des fuseaux sont aluminium. Les gouvernails ont été peints et les décalques tricolores délaissés. Seule leur face externe porte l’inscription Latécoère 631-02. Les F de dérive font 11 mm sur 7 mm, ceux de l’intrados des plans fixes et du centre de l’extrados s’inscrivent dans un rectangle de 15 x 10 mm. Les caractères de l’immatriculation du fuselage font 18 sur 8 mm. L’inscription F-BANT est portée sur et sous les ailes. Taille des caractères 35 x 25 mm. Le nom de baptême Lionel de Marmier (caractères de 3 x 2 mm) est portée à gauche et à droite de l’avant du fuselage. Toutes les inscriptions sont noires. L’usure marine et aérienne a marqué la peinture, les traînées et traces de piétinement sont légion. Les hublots sont cerclés de blancs. Il y a un panneau anti-reflets devant l’habitacle et des zones protégées noires derrière les tubes d’échappement.
Cette maquette réclame beaucoup de travail. Elle est déconseillée aux néophytes. Ce n’est pas vraiment le modèle idéal pour goûter au plastique soufflé pour la première fois. Mais on peut le faire pour peu que l’on ait l’habitude de tailler ou de transformer les maquettes en plastique injecté. Et avec le Laté 631, le jeu en vaut la chandelle.
Vincent GRÉCIET
Références de peintures données : marque Humbrol
Photographies : toutes photographies par l'auteur sauf photo de titre : photo maquette par l'auteur, fond de la photographie par Anthony Penel (http://www.penel.org), photo montage par cocardes.












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